les commandes

Pronomade(s) en Haute-Garonne passe (plus ou moins) régulièrement des commandes à des artistes ou compagnies, avec la volonté de voir ces créations s’inscrire véritablement dans le territoire, inspirées de celui-ci, des gens qui y vivent, le transformant, le poétisant... Il s’agit de commandes spécifiques passées à des artistes, expériences singulières, le plus souvent non reproductibles, pour un lieu unique, et sur une période déterminée. Il peut s’agir de contes ouverts, nourrissant l’imaginaire de l’instant ou détournant des lieux communs, ou de la réalisation de traces ou d’actes portés par la mémoire collective de notre territoire.

Vous trouverez sous cette appellation les mythiques, irrégulières, mais régulièrement arrosées « Des rives, la nuit », d’une part, et des commandes de promenades en Pronomade(s) passées notamment sur le Haut Comminges, d’autre part. Mais pas exclusivement... d’autres commandes s’imaginent aussi plus thématiques...

Des rives, la nuit

« Des rives, la nuit » a été pensée comme une véritable co-écriture entre une compagnie invitée et Pronomade(s). Il s’agit de donner à cette compagnie du temps (entre 18 et 24 mois), un territoire de jeu et des moyens pour tenter une histoire, lui permettre d’inviter d’autres compagnies ou artistes, offrir un cadre pour oser les prémices de futures créations, les tester grandeur nature dans le paysage…
« Des rives, la nuit » est aussi une invitation lancée à des spectateurs de traverser une nuit jalonnée de rendez-vous insolites, du coucher du soleil à son lever. Ne se limitant pas à une belle succession de spectacles sur une nuit, « Des rives, la nuit » offre une ambiance particulière, une narration qui suppose que le public s’engage à rester jusqu’au petit matin… que les spectateurs s’abandonnent les yeux fermés pour les garder ouverts jusqu’au lever du soleil.
En juin 2014, eut lieu la quatrième édition de « Des rives, la nuit » confiée à la Cie Thé à la rue d’Angers. Invitant à la recherche du mieux-être (a priori…), cette compagnie qui avait déjà vendu Saint Gaudens, Carbonne et L’Isle en Dodon (en septembre 2011) est revenue avec nombre de comédiens ou membres de compagnies des arts de la rue ou de théâtre d’objets. Entre Aurignac et Alan, plus de 500 personnes se sont abandonnées à cette dérive, que seule la violence des orages d’été pyrénéens a stoppée le second soir. Si la malédiction aqueuse de ce rendez-vous a refrappé la seconde nuit, les spectateurs du premier soir ont vu ensemble le soleil saluer la lune sur les coups de 5 heure du mat’, après plus de 10 heures de spectacle.

Rappel des éditions passées :

  • Première édition, en juillet 2005, Turak théâtre avait rêvé et réalisé une dérive le long de la rivière Job, reliant Izaut de L’Hôtel, Cabanac Cazaux et Encausse les Thermes...
  • Deuxième édition (donc deux ans après !), en septembre 2007, la compagnie dijonnaise Opus invitait les spectateurs à assister, au camping de Saint Martory, à la naissance de l’automne…
  • Troisième édition (trois ans après la deuxième, donc !), en juin 2010, les Bordelais d’Opéra pagaï écrivaient une dérive sur les coteaux des Portes du Comminges (autour de L’Isle en Dodon et Puymaurin), mêlant très habilement le vrai et le faux, interrogeant jusqu’à l’absurde le principe de précaution …
  • La quatrième édition fut donc celle de Thé à la Rue (quatre ans après la troisième édition, donc !) en 2014.
    On vous laisse trouver l’année de la prochaine…

Commandes de promenades en Pronomade(s)…

L’idée est ici d’inviter les spectateurs et les habitants, voisins et curieux, à la promenade… chez eux. Faire du tourisme ordinaire sur place. Ces balades créées, ces errances autorisées sont autant de prétextes à regarder différemment son propre cadre de vie, arpenter à contre-sens son quotidien et ses habitudes, chercher des indices pour ouvrir les yeux, accepter de se perdre dans son propre environnement…

Des artistes sont donc accueillis en résidence, directement sur le territoire, en écoute de celui-ci, en lien avec les habitants, sur de longues périodes pour que des rencontres réelles aient lieu. Après le parcours réalisé par Véronique Pény (plasticienne) et François Serveau (photographe) sur l’ensemble du territoire de la Communauté de communes du Haut Comminges entre 2009 et 2012, d’une part, et par Edwine Fournier (chorégraphe) et Olivier Toulemonde (créateur sonore) à Sauveterre de Comminges, entre 2010 et 2012, d’autres parcours se sont ouverts en juillet 2014 et pour une durée de 2 ans :

  • avec Hortense Soichet (photographe) et Mouloud Akkouche (écrivain) qui ont rédigé un vrai-faux guide touristique (Le Guide Jaune – édition 2014) document indispensable pour visiter le pays imaginaire de Rofinget. « Les pieds dans les Frontignes, la tête à Rofinget ».
  • avec Marc Pichelin (phonographiste, créateur de BD) et Vincent Paronnaud/Winshluss (auteur de BD et réalisateur) qui ont transformé Pointis de Rivière en Pays de la météorite, invitation à suivre les traces d’une créature interstellaire.

Et encore d’autres invitations…

Comme il nous plait ainsi de donner du temps, un cadre, des moyens à des artistes pour travailler sur des projets qui puisent leurs énergies et sens de notre territoire (réel ou imagé) de vie, nous continuons à lancer des invitations…

  • à Emilie Mousset (créatrice sonore) et Delphine Lancelle (photographe). Entre l’automne 2015 et l’été 2017, elles iront à la rencontre de nombre de familles installées dans le Comminges, ayant fui - dans ce qu’on nomme la Retirada - la dictature de Franco. Convaincus que notre territoire serait bien différent aujourd’hui sans « l’ajout politique et humain » de tous ces Républicains espagnols, nous avons invité ces deux artistes à tisser une trace sensible de leurs histoires personnelles qui composent notre Histoire collective. Une histoire de presque 80 ans qui nous parle d’aujourd’hui…
  • Plus légère a été l’invitation lancée à Claude Guinard, directeur des Tombées de la nuit, à Rennes. Sur la thématique de la fête, il était invité à venir faire ce qu’il sait si bien faire chez lui, mais à Boussens, en octobre 2016 ("Rennes d’un soir") !